vendredi, septembre 18, 2026
downtown Calgary
18 juillet 2026
Rencontré un gars d'environ mon âge qui semblait être un itinérant en marchant vers la Public Library ce matin. Il m'a dit qu'il était un poète. Il m'a montré son cahier de poèmes, m'a demandé d'en choisir un parmi cinq d'entre eux, et il m'a lu à haute voix celui que j'ai choisi. Ça m'a semblé bon, même si j'avais du mal à tout comprendre. Il m'a dit qu'il avait cinq noms différents, parce que cinq personnalités. L'un d'eux était "Juneau". Il m'a dit que c'était celui qu'il préférait. Je lui ai demandé d'où il venait. 'From planet Earth, just like you, my friend.' -No, but where were you born? - Oh, I was born in Salmon Arm, B.C.. Il m'a alors montré une ''salmon handshake'' ('grab my arm here, just here, (moi hésitant) don't worry') et une ''king's handshake''. M'a expliqué qu'il avait passé 2h et demie en attente au téléphone hier pour recevoir un transfert d'argent de la banque, et qu'il ne l'avait toujours pas eu un fin de journée. A par la suite remarqué une balloune jaune à moitié gonflée sur le bord de la bande trottoir, et l'a ramassée, excité.
'The secret of life is having fun and to be always looking for the treasure that's right in front of you.'
*
Il avait de très beaux yeux. Je lui ai fait la remarque, et il m'a répondu que ceux de sa fille étaient encore plus beaux, 'but just by a little!', clin d'oeil en traversant la rue.
'Hey! Remember: life is not to be understood, but to be enjoyed.'
mercredi, septembre 02, 2026
crépuscule
immobile
accroché
parfaitement
ses deux pattes
toutes fines
d'en avant
à la verge
dort
lundi, août 10, 2026
Escape room
-Regardez ma jolie tasse!
-Mamaaan! On est dans un EX-PÉ-RIOUM!
mercredi, juillet 22, 2026
mercredi, juin 10, 2026
Dernier matin d'examen
Madame Melynda... quand je vais avoir fini, est-ce que je pourrai bomber le torse?
~Adrian
mardi, avril 07, 2026
Nihel
Ce matin-là, vers 9h15, alors que j'étais en train de donner des consignes pour la chasse aux oeufs de Pâques, sans préavis (comme à son habitude), elle m'a demandé:
-Pourquoi t'es pas Arabe?
vendredi, février 06, 2026
abbaye Saint-Benoît-du-Lac
La chaleur s'est faite dans la chambre avec l'arrivée de la nuit.
Assis dans cette chaise IKEA sous la lampe, je lis Braise silencieuse d'Yves Girard. Et note quelques-unes de ses phrases dans mon carnet, dont celles-ci:
«Je ne puis que vous inviter à être attentifs à ce feu qui brûle au fond de vous.»
«Je ne suis pas libre: l'insuffisance de ma parole m'interdit de répondre à la démesure de votre désir.»
«Mon rôle est de vous décevoir et, par là, de vous renvoyer à vous-mêmes.»
*
Environ quarante-cinq minutes plus tard, alors que je termine The Road de Cormac McCarthy:
No I'm not. Keep the gun with you at all times.
You need to find the good guys but you can't take any chances.
No chances. Do you hear?
I want to be with you.
You cant.
Please.
You cant. You have to carry the fire.
I dont know how to.
Yes you do.
Is it real? The fire?
Yes it is.
Where is it? I dont know where it is.
Yes you do. It's inside you. It was always there.
I can see it.
Just take me with you. Please.
I cant.
Please, Papa.
I cant. I cant hold my son dead in my arms. I thought I could but I cant.
You said you wouldnt ever leave me.
I know, I'm sorry. You have my whole heart. You always did. You're the best guy. You always were. If I'm not here you can still talk to me. You can talk to me and I'll talk to you. You'll see.
Will I hear you?
Yes. You will. You have to make it like talk that you imagine. And you'll hear me. You have to practice. Just dont give up. Okay?
Okay.
Okay.
I'm really scared Papa.
I know. But you'll be okay. You're going to be lucky. I know you are. I've got to stop talking. I'm going to start coughing again.
It's okay, Papa. You dont have to talk. It's okay."
Une synchronicité de plus me sidérant.
vendredi, janvier 23, 2026
Matapalo, quatre jours déjà. Fatima, les deux chiens, les trois chats, les geckos sur les murs de la maison, l'électricité qui manque après le souper. Les cris des aras rouges en vol (toujours en vol depuis la piscine), les colibris, lasers autour de la maison, parfois au repos bref sur une branche en plein soleil. Un iguane qui se met à courir dans l'herbe quand on l'approche pour aller jeter des pelures de mangues, de melons d'eau, de papayes, de bananes aux limites du terrain. Les nuages accrochés aux montagnes qui bordent le littoral. La rivière aux caïmans (traversée à cheval). Ses martins-pêcheurs, ses aigrettes, ses hérons et autres oiseaux à long bec. De petits oiseaux blanc, brun et noir aux pattes prodigieuses dans le sable mouillé (pluvier d'Azara)... contournent le marcheur plutôt que de s'envoler (est-ce bien lui volant en groupe de plusieurs dizaines changeant de direction tel un banc de poisson au soleil couchant?). La brume au loin, tôt le matin et au crépuscule, au-dessus des vagues qui se fracassent. Un Costa Ricain dans la vingtaine sortant de la mer avec sa planche sous le bras, me faisant un 'thumb up' en disant 'Pura Vida'. Des chiens, fous dans le matin, fous dans les restants de vagues, surexcités. Les pélicans à la queue-leu-leu, frôlant les vagues, puis s'élevant, immenses, au-dessus de la mer quelques secondes pour, un à un, plonger et harponner un poisson - sans disparaître sous la surface. Un bateau de pêcheurs occasionnel, juste au-delà de la ligne où les vagues enflent et se brisent. Les vaches, sembables à celle de Krishna, sur le chemin menant à l'autoroute 34, à mi-chemin entre Quepos et Dominicalito. Notre supermercado BM (et sa merveilleuse section de café costa ricain... ses congélateurs remplis d'espadon, de calmar, de pieuvre, de crevettes et de tous ces autres poissons qu'on ne connaissait pas... ses délicieuses palettes de chocolat, animaux emblématiques du pays sur l'emballage). Lilirose sur son cheval-qui-fait-à-sa-tête et prend un autre chemin - ne panique pas, me le dit simplement, alors que je suis à quelques mètres devant elle, les autres plus loin - j'appelle Ángel. Les toucans d'Uvita, d'une branche à l'autre en face du Café Vivo, des chutes casse-cou tombant dans des bassins d'eau turquoise, eau d'une fraîcheur exquise en un rare jour de ciel gris. Des vautours se faisant sécher les ailes sur la plage comme des cormorans sur leur rocher. Des autoroutes changeantes de fourmis rouges le long de la piscine, sur le sentier menant à la plage, l'étonnante entrée vers leurs mystérieuses galeries... (tous ces morceaux de feuilles transportés sur quelles distances?... dans quel but?...). Des feux qui s'allument à la lisière des arbres au coucher du soleil, à perte de vue. Élijade bien sur ses gardes de ne pas piler dans le caca de cheval sur le sentier vers la maison. Lobo-le-chien courant après les oiseaux, reniflant des pistes près des mares d'eau chaude, surveillant nos effets personnels laissés sur le sable le temps d'une longue baignade... Le son des vagues en sourdine, là en permanence, même les portes et les fenêtres fermées. Le calme quasi absolu le soir, si ce n'est l'occasionnel frein-moteur d'un camion dans les environs de 'La Langosta Feliz'. Nos Coronas sans alcool au souper: fraîches, parfaites, exquises - tandis que les filles lisent, jouent au Uno ou que l'une écrit ou dessine une partie de la journée dans le carnet noir. Élijade et moi nageant vers une belle chute dans un bassin opaque, main dans la main, challengés par le courant. La joie sur son visage alors qu'elle avance, tirée doucement, le menton bien haut... Nous quatre ici, dans cette eau. Nous quatre ici.
